29.1.07

The Good, The Bad... 



Le coeur éreinté du dimanche soir où je prépare ton petit sac pour lundi, petit, pour l'alternance, lardée de ta tendresse sans un pétard à fumer, vite à me coucher tôt, comme toi, pour oublier l'incendie de ma vie.
Le coeur meurtri du lundi, tiré comme un boulet où après un tour au café je vais acheter "The Good, The Bad & The Queen " en pensant à mat qui m'en a donné envie. Mon oreille dilettante charmée du tout mais surtout par "Three changes" and "Green Fields", comme les Smiths ressucités. J'applaudis à pleurer dans mon pauvre quota de mètres carrés, c'est beau et doux, c'est le retour du lent pogo, c'est la fin de la déveine et de l'envie d'un peu crever.


25.1.07

Cliché pas chiche 


Max Pechstein
Jeune femme avec un éventail rouge
1910

Amsterdam crapahuté dans le dédale de ses cercles infernaux jusqu'à sa tête rouge, enfumée et goguenarde. Amsterdam des cauchemars enfouis dans la vase des canaux, dans l'exposition léchée des intérieurs bourgeois douillets joliment éclairés. Amsterdam de la peinture rêvée en papier glacée offerte à mes yeux pour de vrai, la vue des fleurs, le don variable du ciel battu par les vents. Amsterdam des fêtards venus de nulle part pour fumer à la chaîne et puis boire, la peau plombée, le cerne des toxicos, l'apparition diaphane de filles nourries de perle, éclatantes de santé trônant sur leurs vélos.


5 trucs 

Récupérant au vol une patate chaude gentiment envoyée par Kirikou, voici 5 petites choses sur moi, sans aucun intérêt :

1 - J’ai eu l’honneur de fumer un joint et de discuter avec Linton Kwesi Johnson dans un club de Brixton en janvier 1994.
Forces of Victory = mélancolie.

2 - J’ai reçu dans l’œil gauche une goutte de sueur d'Iggy Pop en concert au Zénith en 1991( ? je ne suis plus sûre de l’année…)
Depuis, je porte un oeil bionique comme The six million dollar man.

3 - J’ai conversé longuement dans le métro avec une très ancienne et très gracieuse danseuse des ballets de l’opéra de Paris et grande amie de Louis Ferdinand Céline.

4 - J’ai toujours eu un petit faible, une complaisance incompréhensible pour Johnny, les poils de mes bras toujours se hérissent quand j’entends ses chansons.

5 - Dernier scoop : je suis incapable de cligner de l’œil gauche .

Je passe le relais à rom, un garçon très secret.
Bonne journée !


15.1.07

New order 


William Wegman
Cinderella
1994

Maintenant que j’ai fait le choix d’un certain égoïsme et de tordre le cou à l’Ange du Foyer, de ne plus vouloir enfanter, ni repasser les chemises, ni me nourrir des rêves d’un homme par procuration, me voici face à l’ampleur de ma liberté et de ma responsable solitude. Tout est là pour une suite idéale, où jouissant de n’être pas encore fânée, je peux encore élire et gagner ma vie sans avoir besoin d’aide, sans me vendre à une retraite future, sans spéculer sur l’immobilisation prochaine. Il me prend dans les voiles des mouvements de panique où je préfèrerais me laisser manipuler par un chiropracteur dont je n’aimerais pas l’eau de toilette bien qu’il soit désirable mais las, je ne te dirai pas ce que j’attends de toi car je n’espère rien que tu ne saches déjà et dont tu m’aies déjà comblée. Il ne faudra pas attendre de moi d’être la réplique de l’épouse-mère dont tu partages la vie depuis 30 ans, avec indications précises et furieuses de la marche à suivre et pour la contredanse, n’attend pas de moi que je te dicte à grands coups de ciseaux comment agir et empoigner ta propre vie. N’attend pas de moi que je trépigne comme une enfant gâtée et que je m’impatiente à te vouloir comme on possède sa chose et l’ombre de son chien. Mon plus bel hommage à l’homme de qualités que tu es sera de te laisser vaquer à ce nouvel apprentissage où seul tu feras cuire des pâtes dans le meublé moyen où t’a installé l’aventure de m’aimer.


8.1.07

Dousti 


Afghanistan - juin 1977.

Ces derniers jours en Bourgogne dans la maison de mon amie, chargée d'enfants, j'y ai ajouté le mien, ils se sont égayés comme des moineaux et nous avons repris la conversation que nous avions interrompue il y a je ne sais plus combien de temps. Nous nous disions, en lisant ensemble "Le Photographe", que nous aurions dû être infirmières et repartir en Afghanistan, le plus beau pays du monde de notre enfance. Plutôt que nos vies. Plan plan.
Tu te souviens de tout, tu te souviens de moi, mieux que moi. Des mots stupides que j'avais, de ma jeunesse maladroite. Tu te souviens de nos jeux de fillettes et de leurs thèmes récurrents. Tu te souviens de nos premières blessures, de nos premiers grands chagrins. Je t'écoute sans me reconnaître vraiment.
Tu racontes ta mémoire amicale et perfide parfois qui pouvait me blesser autrefois. Mais maintenant que nous sommes presque vieilles et ébréchées, je dis que je t'aime en entier, que tu m'es si précieuse, que je n'aurais jamais dû te négliger, que nous n'aurions jamais dû nous départir de nos confidences pour nous reprendre ensuite comme nous l'avons toujours fait au jeu de tu ne sais pas ce que la vie m'a réservé, je vais te le dire, en m'abîmant à fumer et en finissant mon verre que tu rempliras, puis ce sera ton tour et je me mordrai les doigts d'apprendre enfin ce qui t'est arrivé, combien tu souffrais sans que je le sache. Mais nous sommes toujours aussi vives et vivantes assises sur le perron de ta maison perdue dans les vignes fumantes et les corneilles. Peut-être feras tu un cinquième enfant, cette fois avec le meilleur homme de ta vie, peut-être ferai-je un jour une jolie confiture de ma mélasse.
Mais si nos vies étaient à refaire, sûr, nous changerions tout, depuis le début de la fin de notre enfance.


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