28.7.06
Le bel été
Le bel été, la plénitude, cette liberté obtenue, finalement le courage. Le reste, le toi, le nous même, m’appartiennent pour si peu… L’absolu, sinon rien, ô comme je suis légère, je me garderai de porter qui ne dépende de moi. Je me garderai bien de la lâcheté, de la folie des liens viciés, de l’avidité, des autres, de tout ce qui m’irrite. Ce qui importe est, que fais-je de moi et quelle est mon attente. Vers quoi guiderai-je mon petit aux yeux de mammifère, où coulent mes mots, dans quel creuset, n’ai-je vraiment rien oublié de moi ?
12.7.06
Shakyamuni
Quand je l’ai vu hier s’apprêter à taguer « Amour » sur un mur de la rue Charlot, j’ai engagé la conversation avec lui et lui ai demandé la faveur d’inscrire le mot sur mon sac noir. Il a accepté, il l’a tracé au feutre blanc, d’une main un peu tremblante, très émouvante. J’ai même son numéro de téléphone, pour la scène Slam, on ne sait jamais...
Alors voilà, je porte l’amour en bandoulière et je me tourmente, à me demander, si je serai à la hauteur, si je suis digne de lui.
Alors voilà, je porte l’amour en bandoulière et je me tourmente, à me demander, si je serai à la hauteur, si je suis digne de lui.
10.7.06
De l'attente
Jours sans toi, longs comme des jours sans pain. Je t’attends malgré moi.
J’attends toujours quelque chose depuis que je suis née. Ce doit être la mort, mais sans la nommer. J’attends d’être.
Avant, j’attendais d’aimer un homme, de me marier et d’enfanter. Auparavant j’avais attendu le moment de cesser de me droguer, puis un autre pour écrire.
Je désirais être une femme tout à fait normale pourquoi pas conformiste, plutôt que de vagir seule et schnouffée. Aujourd’hui l’angoisse me reprend, mais je ne suis plus dans l’urgence d’être femme, épouse, mère : je le suis, je l’ai été, je le reste. Je suis tentée de me ruer sur l’éponge, de me borner à faire alors qu’il faudrait simplement que je sois, que je m’entoure de soins et de petits riens, comme une courtisane, que je me pommade et me farde, que je m’ennuie allongée sur un moelleux sofa en écoutant une musique suave et que cet ennui me procure pourquoi pas une certaine jouissance, d’être.
J’attends toujours quelque chose depuis que je suis née. Ce doit être la mort, mais sans la nommer. J’attends d’être.
Avant, j’attendais d’aimer un homme, de me marier et d’enfanter. Auparavant j’avais attendu le moment de cesser de me droguer, puis un autre pour écrire.
Je désirais être une femme tout à fait normale pourquoi pas conformiste, plutôt que de vagir seule et schnouffée. Aujourd’hui l’angoisse me reprend, mais je ne suis plus dans l’urgence d’être femme, épouse, mère : je le suis, je l’ai été, je le reste. Je suis tentée de me ruer sur l’éponge, de me borner à faire alors qu’il faudrait simplement que je sois, que je m’entoure de soins et de petits riens, comme une courtisane, que je me pommade et me farde, que je m’ennuie allongée sur un moelleux sofa en écoutant une musique suave et que cet ennui me procure pourquoi pas une certaine jouissance, d’être.
6.7.06
Ten years after
Me voici comme, revenue au temps et à l’état célibataires mais cette fois, dix ans plus tard et affublée d’un enfant aux yeux noirs. C’est étrange la vie et puis sans télé, ni téléphone, sans images ni connexion, je tombe de sommeil bien plus tôt, j’ouvre mon canapé gris, j’y invite mon petit qui tâtonne entre ses deux nouvelles maisons, ce n’est pas grand, non mais c’est mignon, le tri est redoutable, le reste va à la cave. Quand il n’est pas là, je reste de longs moments immobile assise dans le salon replié, je ne suis pas sûre de savoir quoi faire de moi à part lire tous les livres qu’on m’a prêtés. Mais je suis très heureuse, c’est vrai, et d’ailleurs je l’ai décidé.
