22.6.06

Sans images 

Les yeux battus mais jamais aussi dure et mince de courir, et légère à porter l'ancien encartonné, la nouvelle maison sous les combles. Parfois je fuse mais c'est juste par tristesse, je retombe flaque et tout est bien sans casse, j'espère ne pas blesser.
Je vêts du vert pour l'espoir qui ne m'a jamais quittée, je signe aujourd'hui et demain, c'est ma nouvelle entrée ! J'accuse réceptions, déceptions mais il reste tant de temps où je m'amuse, je rencontre, je retrouve plein de gens, je fixe des rendez-vous de partages sur mes avant-bras sages, ma plainte en pointillés s'évapore dans le temps.


13.6.06

De la perte 

Il y a quand même cette amertume de se voir totalement remplacée, de sentir toute tendresse, toute attention et tout sourire déviés à jamais.
Il n’y a déjà plus de café pris aux matins d’une terrasse fraîche, il n’y a plus ce léger baiser aux portes du métro, il n’y a plus ces petits mots glissés dans les moments d’ennui, ni le pied tiède cherchant l’autre au fond du lit.
Je regarde les filles de l’été naissant, elles portent de bien plus jolies robes que l’an dernier. Elles montrent leurs jambes, leurs pieds sont chaussés de jolies sandales, bien plus jolies que celles de l’an dernier.
Il y a eu cette peur affreuse de perdre le nouvel aimé, le grand tournant dans la salle d’attente, l’acceptation brutale de l’accident, la révélation parallèle de l’urgence d’empoigner la vie, de s’extraire des souffrances niées de se laisser battre, de ne pas tout donner aux heures travaillées, aux gouffres consciencieux, aux mines du rien. Je le retrouve vivant d’une voix changée, subitement posée au milieu du fracas. Son regard est bien plus bleu au téléphone, comme déchargé de la peur lancinante des orages.


8.6.06

Ici et demain 


Alexander Calder
Silver Bedhead, The Winter.
1946

Le temps est doux, souvent je fume, parfois je bois mais pas trop, je tremble un peu, je carbure, je pense en escalier, j'ai trouvé un petit logis dans l'immeuble où nous vivions avant dans le 5, j'ai pensé, je suis vernie de revenir par ici et j'ai biffé l'angoisse de ma liste de courses.
Ici nos présences s'effilochent. L'espace et le temps se partagent, la retenue est mise, notre dernier temps s'étire en organisation, nos pensées vont à d'autres. Je tords mes cheveux dans l'attente, j'ai envie. De la suite de l'histoire. Je suis follement en vie.


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