26.1.05

Raton-laveur 



24.1.05

Roots 


Marie-Guillemine Benoist - 1768-1826
Portrait d'une négresse.

J’ai l’esprit passablement encombré de listes et d’escaliers. Je déplace ma coquille en bavant.
Mes antennes s’affolent un peu mais le reste suit tranquillement. Il fallait juste prendre possession des lieux, répandre nos phéromones, ouvrir les fenêtres, l’horizon nous semble alors radieux.
Je suis allée voir Neg Maron avec Cheryl et Aïcha. Ce n’est pas fameux mais il y a de bonnes idées,
de belles vues, des ruelles. Nous étions déçues que la scène où les deux compères découvrent des documents sur l’esclavage dans une maison qu’ils cambriolent , n’ait pas été exploitée … c’était une des meilleures du film. Pour une fois on aurait parlé un peu d’histoire. Dépitées, nous sommes allées boire des bières dans un pub, qui, les premières lumières bues s’avéra sans âme et nous étions affligées par les clips vidéo qui passaient, exhibant des danseuses anorexiques vautrées quelle que soit la musique. Toutes ces langues passées sur ces bouches aux lèvres savamment lipstickées, tous ces déhanchés qui ne vibrent pas comme de la chair, toute cette plastique, cet air garce, ces promesses non tenues, finalement cette disgrâce, ça nous faisait rire et on se moquait un peu d’elles et de nous aussi. Forcément.
Plus sérieusement. La chasse aux pauvres gens est ouverte. Restons vigilants. Un mortel accident d’histoire est vite arrivé.


19.1.05

My house 


Atget - Quartier du Jardin des Plantes -
Fontaine Cuvier à l'angle de la rue Linné - 1899.

Je photographie, j’insole les vues intérieures de notre toit car demain, dans vingt jours je serai ailleurs, là où les murs sont encore vierges de la suite de l’histoire.
Et je sais que des tableaux et certaines dispositions d'objets comme d'esprit deviendront obsolètes dans ce nouvel espace, c’est dans l’ordre des choses.
Je crois que je ne serai pas surprise par des fantômes oubliés dans les coins. Je pense avoir fait un bon inventaire. Je flotte comme, en transition, ça rafraîchit de préparer sa sortie et aujourd’hui je n’ai pas senti l’ennui tant il me reste à faire pour ne rien oublier de ce charmant abri.


18.1.05

Moi aussi 



14.1.05

Treizième délire 


Atget - Porte d'Italie - 1913

Je suis un peu sonnée. Tout est allé si vite. Mercredi, après avoir poussé la porte d’une bonne douzaine d’agences immobilières disséminées dans la zone que nous avions choisie, voici que nous avons trouvé un nouvel appartement à louer dans le sud du 13ème arrondissement ! De notre 7ème étage, nous verrons désormais les charmantes petites maisons entourées de jardinets de la cité florale. C’est clair, bien fichu et la cuisine n’est pas un placard aveugle. Je n’y retrouve pas le charme de notre appartement actuel au parquet grinçant et aux moulures au plafond…évidemment. Mais enfin, il était temps de nous décider car rechercher un nouveau domicile est franchement épuisant. Les choses devraient donc se précipiter les jours prochains et la mise en cartons de nos petites affaires sera faite par des professionnels du déménagement : oui, nous n’avons plus 20 ans et les copains ont autre chose à faire que de se cogner de trimbaler nos meubles et nos appareils ménagers tout au long d’un week-end de février. Notre fiston pourra continuer à fréquenter son école actuelle à condition de prendre un bus très pratique qui nous y mènera tout droit, en dix minutes. Depuis plusieurs semaines, je dois avoir 13 de tension à force de cavaler dans tous les sens, mon dossier recherche de logement sous le bras et je tremble comme une feuille mais je sens que l’apaisement me gagne et que je me nourrirai mieux à partir d’aujourd’hui. Alors ça y est, nous partons. Je suis un peu chavirée quand même de cet arrachement imposé, mais aménager un nouvel intérieur est une aventure plaisante si on y met du cœur. Le balcon que je chérissais tant me manquera beaucoup mais les nouvelles fenêtres sont équipées de balustrades sur lesquelles je pourrai suspendre et disposer mes plantules, et les jardins foisonnant de chèvrefeuille et de glycine de nos voisins privilégiés embaumeront certainement mes envies de verdure...au printemps.
Le 13 est mon porte-bonheur.


10.1.05

Programme du moment 


Tita - 1er janvier 2005.

Dormir comme un bébé
Se réveiller comme une fleur
Travailler comme un forçat
Boire comme un trou
Fumer comme un pompier
Pleurer comme un veau
Rire comme une baleine

A part ça…
Je regrette que les cartes de vœux envoyées par courrier ne soient plus d’usage, tout comme les chocolats que nous recevions en début d’année.
Je me demande pourquoi les gens aident plus volontiers les asiatiques en détresse plutôt que les africains, oubliés.
Je trouve les filles belles, surtout celles qui évitent teintures et maquillages délétères.
J’ai l’impression que les hommes mariés me regardent plus lorsque je porte mon alliance.
Je confirme que l’obligation de changer de maison est anxiogène quoique stimulant.
Je voulais te dire que je pense encore à toi malgré toutes ces années.
Je voulais dire que je me sens beaucoup moins seule qu’avant et en bien meilleure santé qu’autrefois.
Je voulais dire que j’ai rencontré des gens de bien dont je me soucie chaque jour.
Je voulais dire que je crois à la fidélité dans le mariage et à la loyauté en amitié.
Je voulais dire combien je trouve mes parents formidables.
Je voulais dire que je me suis réconciliée avec les femmes et la féminité en général.
Je voulais dire que nous devrions saluer à jamais le Professeur Choron…
Et ne pas oublier de regarder plus souvent les merveilleux nuages.


5.1.05

Teardrops and name-dropping 


Georges Lacombe - Marine bleue, effet de vagues - 1893.

Nous avons pleuré. Nous avons beaucoup souri à ceux que nous aimons pour tenter de compenser les images obscènes de l’horreur. Nous avons dansé avec les gamins sur de la bonne funk parcequ’elle sera toujours la musique des Happy Days. Nous avons laissé passer le dernier souffle de cette année dans l’entrebâillement de la fenêtre ouverte sur le balcon. Par dessus la balustrade, et à l’heure dite, nous avons crié bonne année aux passants et ils nous répondaient et il me semble que le monde entier faisait une prière. Nous avons savouré avec des papilles neuves ces mets que l’on n’achète qu’une fois par an, mais sans gloutonnerie car nous nous sentions contrits. Nous avons disposé et allumé toutes les bougies de la maison comme autant de lucioles pour tous ceux qui n’auront pas de tombeau. Ce soir-là, j’ai appris qu’un petit bébé serait bientôt en chemin.
Ce n’est pas le mien mais c’est tout comme. La vie continue.
La vie continue et j’ai retrouvé le boulot et les déjeuners à la brasserie. Et je peux faire du name-dropping, comme VD mais pas en aussi rock, parce que j’y ai vu Christian Lacroix, j’avais envie d’aller le saluer, finalement je ne l’ai pas fait et puis aussi Hélène de Fougerolles et son joli grain de beauté, Aure Attika et sa grande bouche et enfin André Rieu avec ses partitions.
La veille j’avais croisé Fogiel dans la rue. Il était tout bronzé mais ses yeux étaient gonflés, tout comme les miens.


4.1.05

Meilleurs Voeux pour 2005 ! 


Pascal Colrat - décembre 2003 - New-York


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