24.9.03
Felling like a rolling stone - 2
Après, ce fût l’Iran. De 1975 à décembre 1979. Mes meilleurs souvenirs d’enfance. Nous vivions à Téhéran et nous allions à l’école au Lycée Razi.
Le ciel était d’un bleu d’azur profond, celui des mosaïques des mosquées et la lumière éclatait.
Nous avons changé trois fois de maison lors de ce séjour. La première était immense, construite dans les années 60. Nous avions une piscine. Je ne me souviens pas m’y être baignée. Toujours à l’ombre, son eau était glacée. Nous n’y sommes restés que quelques mois...
La deuxième se trouvait dans un quartier en construction. Elle était plutôt agréable. Beaucoup de rosiers dans le jardin et un tout petit bassin. ll y avait un terrain vague juste à côté où nous aimions jouer, avec beaucoup de choses à y dénicher : des charognes parfois, à l’odeur doucereuse, des portées de chatons et leurs mères dans des vieux pneus, des palettes pour faire des cabanes et des capsules pour le troc. Nous faisions du skate dans la rue et avions adopté un chien errant efflanqué et galeux : Bobby. Nous avions une Datsun jaune d’occasion. L’école terminait à 13 heures et nous rentrions alors faire nos devoirs et jouer.
Le samedi j’aimais accompagner mon père chez les marchands de tapis de l’avenue Ferdoussi. Nous passions des heures dans leurs boutiques à voir s’empiler les tapis, jetés d’un geste gracieux par les vendeurs. C’était sérieux, viril et débonnaire, ça sentait le thé, la laine de mouton et le tabac. Mon père s’entendait très bien à ce commerce, avec sa moustache on l’aurait pris pour l’un d’eux. Il me disait : que penses tu de celui ci c’est un Chiraz ou bien celui ci c’est un Kerman, je répondais que les couleurs étaient magnifiques, qu’ils étaient doux comme la soie, qu’ils étaient beaux... Plus tard, le rituel du marchandage commençait dans la bonne humeur et la détermination. Mon père sortait de la boutique, revenait à l’appel du marchand puis secouait la tête en souriant, refusant sa seconde offre, on l’invitait alors à boire le tchaï à l’intérieur et ça durait des heures. Je me distrayais en observant l’activité de l’avenue, les femmes en tchador noir, les jeunes filles en tchador clairs à fleurettes bleues, les marchands de betteraves rouges cuites dans la vapeur sucrée de grandes bassines en métal, les mendiants.
Plus tard mon père sortait radieux de la boutique du marchand de tapis, l’achat précieux emmailloté dans du papier journal bien ficelé.
Il fait un froid de canard en Iran l’hiver. Neige et glace et toujours ce ciel bleu, cet air sec qui éléctrise les cheveux.
On allait faire du ski à Dizin ou à Chemchack. Nous dormions alors dans un petit village en montagne, chez une vieille femme qui louait à mes parents une pièce au sol recouvert de tapis et chauffée par un poêle à mazout. J’adorais dormir là.
La troisième maison est ma préférée. Imaginez le nord de Téhéran et donnant sur le marché deTajrich, par une petite porte en bois, une vieille maison iranienne en briques jaunes, au toit pointu en zinc, aux murs épais, aux pièces carrées, avec des fenêtres en bois et une petite serre au sous-sol.
Dans le jardin des platanes immenses où les corneilles se disputent les restes du marché et une petit caniveau en ciment dévalant du nord du quartier. Notre royaume. On m’installa dans le petit jardin d’hiver/serre. On y desendait par trois marches, les petites fenêtres au raz du sol donnaient sur le jardin et de mon lit je pouvais voir les arbres et la lune. J’exultais et j’avais peur. Le soir, à l’heure de la prière, j’écoutais le muezzin appeler et mon coeur se serrait toujours un peu. La mélopée glissait dans l’air et dans l’odeur des jardins qu’on arrose le soir.
Le ciel était d’un bleu d’azur profond, celui des mosaïques des mosquées et la lumière éclatait.
Nous avons changé trois fois de maison lors de ce séjour. La première était immense, construite dans les années 60. Nous avions une piscine. Je ne me souviens pas m’y être baignée. Toujours à l’ombre, son eau était glacée. Nous n’y sommes restés que quelques mois...
La deuxième se trouvait dans un quartier en construction. Elle était plutôt agréable. Beaucoup de rosiers dans le jardin et un tout petit bassin. ll y avait un terrain vague juste à côté où nous aimions jouer, avec beaucoup de choses à y dénicher : des charognes parfois, à l’odeur doucereuse, des portées de chatons et leurs mères dans des vieux pneus, des palettes pour faire des cabanes et des capsules pour le troc. Nous faisions du skate dans la rue et avions adopté un chien errant efflanqué et galeux : Bobby. Nous avions une Datsun jaune d’occasion. L’école terminait à 13 heures et nous rentrions alors faire nos devoirs et jouer.
Le samedi j’aimais accompagner mon père chez les marchands de tapis de l’avenue Ferdoussi. Nous passions des heures dans leurs boutiques à voir s’empiler les tapis, jetés d’un geste gracieux par les vendeurs. C’était sérieux, viril et débonnaire, ça sentait le thé, la laine de mouton et le tabac. Mon père s’entendait très bien à ce commerce, avec sa moustache on l’aurait pris pour l’un d’eux. Il me disait : que penses tu de celui ci c’est un Chiraz ou bien celui ci c’est un Kerman, je répondais que les couleurs étaient magnifiques, qu’ils étaient doux comme la soie, qu’ils étaient beaux... Plus tard, le rituel du marchandage commençait dans la bonne humeur et la détermination. Mon père sortait de la boutique, revenait à l’appel du marchand puis secouait la tête en souriant, refusant sa seconde offre, on l’invitait alors à boire le tchaï à l’intérieur et ça durait des heures. Je me distrayais en observant l’activité de l’avenue, les femmes en tchador noir, les jeunes filles en tchador clairs à fleurettes bleues, les marchands de betteraves rouges cuites dans la vapeur sucrée de grandes bassines en métal, les mendiants.
Plus tard mon père sortait radieux de la boutique du marchand de tapis, l’achat précieux emmailloté dans du papier journal bien ficelé.
Il fait un froid de canard en Iran l’hiver. Neige et glace et toujours ce ciel bleu, cet air sec qui éléctrise les cheveux.
On allait faire du ski à Dizin ou à Chemchack. Nous dormions alors dans un petit village en montagne, chez une vieille femme qui louait à mes parents une pièce au sol recouvert de tapis et chauffée par un poêle à mazout. J’adorais dormir là.
La troisième maison est ma préférée. Imaginez le nord de Téhéran et donnant sur le marché deTajrich, par une petite porte en bois, une vieille maison iranienne en briques jaunes, au toit pointu en zinc, aux murs épais, aux pièces carrées, avec des fenêtres en bois et une petite serre au sous-sol.
Dans le jardin des platanes immenses où les corneilles se disputent les restes du marché et une petit caniveau en ciment dévalant du nord du quartier. Notre royaume. On m’installa dans le petit jardin d’hiver/serre. On y desendait par trois marches, les petites fenêtres au raz du sol donnaient sur le jardin et de mon lit je pouvais voir les arbres et la lune. J’exultais et j’avais peur. Le soir, à l’heure de la prière, j’écoutais le muezzin appeler et mon coeur se serrait toujours un peu. La mélopée glissait dans l’air et dans l’odeur des jardins qu’on arrose le soir.
19.9.03
Triton de Bronze
Je vais nager à nouveau.
Retrouver l'eau,
la caresse immaculée de l'amante liquide,
les souples randonnées,
écourtées par le souffle, qui viendrait à manquer.
Compressant mes poumons de flanelle
et d'un pied heurtant le fond,
je me hisserai vers l'air
rattrapper mon souffle étreint
et replongerai sans fin
Retrouver l'eau,
la caresse immaculée de l'amante liquide,
les souples randonnées,
écourtées par le souffle, qui viendrait à manquer.
Compressant mes poumons de flanelle
et d'un pied heurtant le fond,
je me hisserai vers l'air
rattrapper mon souffle étreint
et replongerai sans fin
17.9.03
Gena Rowlands
La femme sous influence flirte avec la folie,
ses cheveux s'échappent des barettes,
son rouge à lèvres file aux commissures,
ses yeux pleurent et rient tout à la fois
et ses gestes grimacent des appels au secours,
des appels à l'amour puis
balaient, repoussent, se noient dans confusion.
ses cheveux s'échappent des barettes,
son rouge à lèvres file aux commissures,
ses yeux pleurent et rient tout à la fois
et ses gestes grimacent des appels au secours,
des appels à l'amour puis
balaient, repoussent, se noient dans confusion.
7.9.03
Women
A mon modèle préféré
Le charme frémissant du modèle..
La chair qui palpite dans la pose, restreinte, le souffle un peu coupé, la crampe naissant dans la tension… Pourquoi ai-je choisi cette pose ? Déjà je sens que je vais en souffrir, c’est trop tard, j’en ai pour 3 heures…
Ne bouge pas et que personne ne touche à la table, je tiens ta rondeur,là, sur le haut de la hanche et puis cette oreille est trop fine pour naître de cette glaise ou bien il faudrait un miracle…
La vieille et l’enfant
Une femme âgée poussait une poussette.
Dedans un enfant, les yeux perdus dans le vague d’une fatigue d’enfant.
Et sa grand-mère lui disait des mots doux tout en marchant, c’était un joli moment.
Après j’ai vu une femme malienne aux talons peints au hénné. Elle courait pour monter dans le bus avec toute sa chair, ses seins, ses fesses et son sac – Où allait-elle cette mère courage ?
Elle m’a fait penser à cette femme avec qui je patientais dans la salle d’attente de la maternité de Port-Royal. Elle venait d’avoir son sixième enfant et la sage-femme était venue la saluer et lui demander si tout allait bien. Elle avait son petit dans les bras enveloppé dans une couverture.
Elle avait cette air fatigué mais si doux et résigné qu’ont souvent les femmes africaines.
Je m’étais sentie si humble devant telle maternité .
Le charme frémissant du modèle..
La chair qui palpite dans la pose, restreinte, le souffle un peu coupé, la crampe naissant dans la tension… Pourquoi ai-je choisi cette pose ? Déjà je sens que je vais en souffrir, c’est trop tard, j’en ai pour 3 heures…
Ne bouge pas et que personne ne touche à la table, je tiens ta rondeur,là, sur le haut de la hanche et puis cette oreille est trop fine pour naître de cette glaise ou bien il faudrait un miracle…
La vieille et l’enfant
Une femme âgée poussait une poussette.
Dedans un enfant, les yeux perdus dans le vague d’une fatigue d’enfant.
Et sa grand-mère lui disait des mots doux tout en marchant, c’était un joli moment.
Après j’ai vu une femme malienne aux talons peints au hénné. Elle courait pour monter dans le bus avec toute sa chair, ses seins, ses fesses et son sac – Où allait-elle cette mère courage ?
Elle m’a fait penser à cette femme avec qui je patientais dans la salle d’attente de la maternité de Port-Royal. Elle venait d’avoir son sixième enfant et la sage-femme était venue la saluer et lui demander si tout allait bien. Elle avait son petit dans les bras enveloppé dans une couverture.
Elle avait cette air fatigué mais si doux et résigné qu’ont souvent les femmes africaines.
Je m’étais sentie si humble devant telle maternité .
